3ème dimanche de carême

J'ai soif

Homélie d'Eric Hautcoeur, diacre

Frères et sœurs, dans les textes d’aujourd’hui tout le monde a soif.

            Dans la première lecture, le peuple que Moïse conduit à travers le désert manque d’eau et souffre de la soif. Il récrimine donc contre Moïse et il y a de quoi… voilà un voyage très mal organisé ! on sait très bien que quand des gens sont bloqués sur une autoroute enneigée ou dans une gare ou un train suite à un incident ou à une grève… une des premières choses que l’on fait pour leur venir en aide c’est de leur apporter de l’eau … et quand on envisage une marche de plusieurs heures, on s’assure que la gourde est pleine avant de partir !

L’homme a soif ! Il y a en nous une immense soif ; nous sommes remplis de désirs :

  • Désir d’amour, c’est-à-dire d’être aimé et d’aimer.
  • Désir de vérité, c’est-à-dire de connaître.
  • Désir de beauté, c’est-à-dire de créer.
  • Désir de justice, c’est-à-dire de lutter contre ce qui fait souffrir.

Mais mes désirs me laissent toujours insatisfait. J’ai encore soif ! Je suis un être fini mais j’ai l’impression que mes désirs sont infinis… il me manque toujours quelque chose :

  • A Don Juan, il manque une conquête, à la samaritaine un 6ème mari…
  • A l’explorateur, il manque un pays à découvrir
  • A l’artiste, il manque une œuvre à créer
  • A l’homme politique, il manque… une élection à gagner…

Ce désir vient de Dieu et ce désir va vers Dieu !

Car Dieu aussi a soif, 

            Dans l’évangile c’est Jésus qui a soif ! car Jésus, vrai homme, a connu la fatigue, la chaleur, la soif.  Mais Jésus est aussi vrai Dieu.  
Oui, frères et sœurs, Dieu a soif et c’est à chacun et chacune d’entre nous qu’il dit aujourd’hui « donne-moi à boire ».

Il y a en Dieu un mystérieux désir, une soif de l’homme. Il est comme un père qui cherche son enfant… « j’ai tellement soif de te rencontrer pour pouvoir te dire tout mon amour ! »

            Oui, frères et sœurs, Dieu a soif de notre amour ! et Jésus le criera encore sur la croix : « j’ai soif ! »

            Dieu a soif, l’homme a soif.

            St Jean nous rapportera cette parole de Jésus : « si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi et qu’il boive et de son sein jailliront des fleuves d’eau vive. » Il parlait de l’Esprit que recevraient ceux qui croiront en Lui. (Jean 7, 37)

« Qu’il vienne à moi »… si l’homme et Dieu se rencontrent, ils pourraient apaiser leur soif l’un par l’autre…
Et bien, un des lieux de cette rencontre, c’est… le Baptême.

Le baptême… il y a longtemps (et même bien longtemps) pour la plupart d’entre nous.
Le baptême… c’est pour bientôt (4 semaines) pour 77 catéchumènes de notre diocèse dont 7 de notre paroisse. Le Carême est pour eux la dernière étape de leur préparation à la réception des sacrements mais il est pour nous l’occasion de reprendre conscience de notre condition de baptisés.

Après avoir franchi les deux étapes des « tentations » et de la « transfiguration », nous sommes invités à partir de ce dimanche à 3 stations catéchuménales : aujourd’hui, la rencontre de Jésus avec la samaritaine, dimanche prochain, la guérison de l’aveugle-né et enfin Jésus rendant la vie à Lazare.

Aujourd’hui donc Jésus rencontre la samaritaine et se présente comme source d’eau vive ; cette eau c’est l’Esprit, c’est l’Evangile, c’est le Baptême.

Le baptême, ce jour où Dieu nous a dit « je t’aime », le jour où nous avons été désaltérés par cette eau vive jaillie du rocher…

            Ce rocher dont nous parlait la première lecture d’où l’eau a jailli pour désaltérer le peuple… événement tellement important qu’il est raconté deux fois dans la Bible… St Paul nous dira dans la première lettre aux Corinthiens (1Co 10,4) que ce rocher c’était le Christ…

            C’est pourquoi nous pouvons chanter avec le psalmiste « acclamons le Rocher qui nous sauve » quand nous parlons du rocher, nous parlons du Christ qui est notre unique sauveur ! en avons-nous conscience ?

 « Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur » C’est Lui qui appelle les catéchumènes au baptême …
C’est Lui qui nous nourrit de sa Parole et puisque, par ces temps troublés  nous ne pouvons-nous nourrir de l’Eucharistie, je reprends l’invitation de Mgr Dollmann à estimer la valeur de la prière personnelle et familiale.

« Plus que jamais nous avons besoin de puiser lumière et force auprès du Seigneur pour qu’il éclaire nos intelligences sur le sens de la vie et fortifie nos cœurs pour vivre la solidarité. »

Article publié par Claire DUPONT • Publié le Dimanche 15 mars 2020 • 468 visites

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