Office de vêpres pour la fête de saint François d’Assise

Par l’ensemble baroque Harmonia Sacra à Saint Géry

Sacrée Harmonie !

L’ensemble baroque Harmonia Sacra de Valenciennes a présenté un office de vêpres pour la fête de saint François d’Assise qui date de 1665 ce dimanche 30 mai à l’église St. Géry de Valenciennes.

Quand on voit le programme on se dit : super, de la belle musique dans un beau lieu !

Et en effet, les voix de l’ensemble résonnent et emplissent l’église d’une musique qui dans un premier temps enveloppe et pousse à l’humilité. On ferme les yeux et on entend les enchaînements et la diversité de hauteur et de rythme. On se dit, super de la belle musique !

Mais il manque quelque chose. Alors on ouvre les yeux et on voit les artistes : leurs visages, leurs gestes qui, non seulement accompagnent la musique, mais expriment quelque chose d’autre. Dans ces musiques il n’y a pas de « star » particulière, toutes et tous chantent ensemble : chacun est au service du groupe et le groupe est au service de cette musique qui n’est pas la somme de prestations individuelles mais un tourbillon qui les amène de toute évidence « ailleurs ».

Mais il manque encore quelque chose. Alors on se dit que ce que l’on voit en plus de ce que l’on entend est l’incarnation d’un texte, d’une parole. Il y a des petits livrets avec le texte en latin et en français. Les lointains cours de latin sont tant bien que mal mobilisés et assez rapidement on retrouve les paroles qui sont chantées dans le livret (et leur traduction à côté heureusement). Et là on découvre que les artistes vivent le texte qu’ils chantent ou plutôt ils le font vivre à travers eux. On découvre aussi à quel point le texte est répété en canon, « mastiqué », repris par les chants dans une « manducation » (puisqu’on parle latin maintenant …) lente et rythmée afin que nos esprits s’en nourrissent, s’en empreignent puis s’en délectent.

On réalise alors à quel point le texte et la musique vont de pair avec l’espace qui est cette église St. Géry construite par les franciscains où on y chante des vêpres pour la fête de Saint François, mais aussi avec le temps et un texte qui évoque la Sainte Trinité le jour … de la fête de la Sainte Trinité. Puis cela finit par un hymne à Marie … dont on a la statue juste derrière les artistes. Et là on réalise encore plus : on se découvre nous, public, « participant » à une communion entre les artistes, l’espace et le temps. Communion qui nous emporte, ensemble, dans un « ailleurs ». Et voilà que, pour ceux qui ont des oreilles pour entendre, ce n’est plus une belle musique dans un bel endroit. Mais le signe sensible d’une grâce que ceux qui y prennent part reçoivent. Ce n’est plus une belle église de pierres mais une assemblée (ecclésia) où les artistes et le public forment un tout, une communion, un Peuple qui va au-delà des seuls croyants (surtout que beaucoup dans le public ne l’étaient probablement pas).

On vient pour écouter une belle musique dans un beau lieu. Décidément Harmonia Sacra nous a trompés sur la marchandise. On y trouve bien plus : le signe sensible, audible et visible, d’une réalité invisible dans laquelle nous communions tous.

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Merci

Texte, photos et vidéo : Matéi MANCAS

Article publié par Claire DUPONT • Publié le Mercredi 02 juin 2021 • 117 visites

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